• Chronologie: Israël et la Palestine entre 1880 et 1954

    1880-1913   LE RETOUR A SION

    A la fin du siècle dernier, l'Histoire du peuple juif est à un tournant. Alors qu'en Palestine subsiste une vieille communauté qui se consacre à l'étude et à la prière, en Occident, l'émancipation sociale s'accompagne d'une renaissance de l'antisémitisme.
    Avec les pogroms de Russie, l’idéal du Retour à Sion émerge chez certains juifs. Mais une première vague d'immigrants dans les années 1880 est un semi-échec.

    Les choses changent avec Théodore Herzl qui entend, contre la majorité des juifs partisans de l'assimilation, faire de ce peuple-paria une nation enfin "comme les autres". Si la mémoire religieuse du peuple juif est au fondement du sionisme, celui-ci, laïc dans ses buts, va prendre appui sur la diplomatie, la renaissance de l'hébreu et surtout la colonisation de la Palestine. En effet, aux yeux des pionniers socialistes, le travail de la terre est à la base de la construction du pays. Mais cette terre n'est pas vide, la "question arabe" va diviser les dirigeants juifs, entre l'angélisme et la lucidité.

    En 1904, une seconde vague d'immigrés, plus motivée, s'installe. Mais à la veille d'une guerre qui va bouleverser l'Orient, peu juifs européens ont choisi la Palestine.
    L'impact du mouvement sioniste reste faible en 1914.

    1914-1928   LE CADEAU DE SA MAJESTE

    En pleine guerre et sous l'impulsion de Weizmann les sionistes orientent leur effort vers la Grande-Bretagne qui, engagé par ailleurs vis à vis des arabes et des français se prononce en novembre 1917 en faveur d'un "foyer national juif" en Palestine.
    Cette déclaration Balfour sera intégrée dans les objectifs du mandat que la SDN va donner aux anglais .
    Au sortir de guerre, la troisième vague d'immigration d'inspiration socialiste, forge le socle idéologique de la société des pionniers et l'économie prend son essor. Haïfa et Jérusalem se développent, des universités y sont créée.
    La priorité des dirigeants est au renforcement, sur le terrain, de la société juive.
    Les intérêts britanniques, qui penchent du côté arabe et vont réduire progressivement la portée de la déclaration Balfour. 
    Néanmoins dans les années 20, les juifs profitent de l'autonomie accordé par Londres pour constituer partis et syndicats. Après les émeutes arabes une véritable armée clandestine est mis sur pied.

    Ce n'est pas encore un Etat mais déjà une société en devenir.

    1929-1941  UNE SOCIETE EN DEVENIR

    En 1929, un calme apparent est rompu par des émeutes arabes meurtières comme à Jérusalem et à Hébron où l'ensemble de la vieille communauté est anéantie. En réponse, Londres établi des limites à l'ambition du foyer national juif en Palestine.
    A partir de 1933, l'accession d'Hitler au pouvoir entraine une forte vague de réfugiés allemands. D'origine plus aisée ces immigrés vont donner une impulsion décisive à une économie juive très prospère.
    Face à la révolte arabe, le nouveau leader juif David Ben Gourion renforce la Hagana et organise la défense de la communauté. Elle ne se laissera plus massacrer comme au temps des ghettos. Le Kibboutz devient une pièce maitresse dans le dispositif militaire.
    Les persécutions nazies et les menace de guerre comme les refus arabes de tout statut minoritaire pour les juifs au sein de la future Palestine, rendent l'atmosphère très lourde.
    En mai 1939, Londres publie un Livre Blanc qui restreint dramatiquement l'immigration à l'heure où des milliers de juifs européens sont pris au piège hitlérien. Le Livre blanc va rester en vigueur durant le conflit en dépit de l'effort de guerre des juifs.
    Mais la lutte anti-nazi est désormais pour eux le premier des combats.

     

    1948-1954   LA RENAISSANCE

    Mars 1948, plus de trois mois après le vote du plan de partage, la situation est désespérée pour les juifs de Palestine. Les colonies sont isolées et la route de Jérusalem coupée. Mais les juifs refuse la trêve et début avril lancent la reconquête . Des villes sont conquises, les actions dissidentes entament le moral des arabes et provoquent la fuite des habitants.
    Le 14 mai à Tel-Aviv, malgré la menace aux frontières,  David Ben Gourion proclame l'Etat d'Israël. Le lendemain à l'aube, c'est l'invasion : La guerre d'indépendance a commencé.
    Faible en nombre et en matériel, les israéliens ont l'unité, l’expérience et un moral à toute épreuve et en quelques raids foudroyant s'emparent de nombreuses régions.
    Le bilan de la guerre est lourd, la vieille ville de Jérusalem est perdue mais le territoire est plus vaste que celui du partage. Imposé par le choc de la Shoah, Israël a acquis sa légitimité sur le terrain et a effacé des millénaires d'humiliations.
    Problèmes financiers, blocus et immigration de masse, les débuts sont difficiles. Bientôt la situation extérieure se dégrade à propos du Jourdain et du harcèlement des colonies frontalières.
    Face à un monde arabe riche de son pétrole, isolé et oppressé, Israël a peu à offrir, "le dos à la mer, entouré d'un désert de haine".

     


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