• Comment les arabes percoivent ils Yom Haazmaout?

    Le lundi 15 mai, les Palestiniens commémoraient la Naqba, en arabe : la catastrophe: Le jour de la création de l’Etat d’Israël.



    En Syrie rapporte la Sana, l’organisme de presse syrien, les Palestiniens du camp de Yarmouk ont fait une longue marche pour marquer « l’anniversaire de l’usurpation de la Palestine ».

    « Les participants qui ont défilés dans les différents rues du camp scandaient des slogans proclamant la ferme détermination de libérer les territoires occupés et de récupérer les droits légitimes du peuple palestinien avec en tête son droit au retour et à l'établissement de son Etat indépendant sur son sol national et avec al-Qods pour capitale. » (La Sana)

    Et puis, il ne suffit que de tendre l’oreille du côté de M. Rateb Chehab, secrétaire de la section d'al-Yarmouk du Parti Baas Arabe Socialiste, pour capter la vision arabe ‘du projet sioniste ‘ : « qui convoite la Palestine et toute la Nation Arabe de l'océan jusqu'au Golfe. » (La Sana)

    Ayoun Wa Azan, éditorialiste au Al Hayat dans son article « la commémoration de la Naqba » nous donne l’opportunité de s’imprégner du ressentit Arabe et par delà, voir Israël à travers des yeux différents.

    Partant d’une démarche universaliste, et critique, notre éditorialiste commence à nous expliquer que la Naqba est un terme générique qui peut être utilisé pour tous les échecs de la communauté humaine : « Naqba (catastrophe) du terrorisme, Naqba de l’illettrisme, de l’absence de démocratie, non respect des droits de la femme ».

    Pour tous ces échecs, Ayoun Wa Azan explique que « ni le Sionisme, ni le colonialisme ne sont responsables. »

    Cependant explique-t-il que s’il faut écrire sur le sujet, celui-ci laisse la parole à l’un de ses ‘confrère’ du Haaretz, Tony Judt, historien et écrivain, revenant sur le 58éme anniversaire de l’Etat d’Israël.

    Cependant vous comprendrez vite que notre éditorialiste ne s’est pas totalement résigné, car les mots vous sembleront appartenir à d’autres.

    Ainsi citant Tony Judt, celui-ci explique « qu’Israël à 58 ans est un état immature ». Son immaturité lui viendrait de son incompréhension à ne pas avoir compris le glissement de son image du « petit état remportant la sympathie du monde avant la guerre de 67…à celui assimilé à un Etat raciste où règne l’apartheid. »

    Pour Tony Judt, « les Palestiniens ont maintenant remplacé les Juifs comme symbole de la minorité persécutée, humiliée et apatride. » (Al Hayat) Et puis l’analyse de Tony Judt, reprise par Al Hayat, empreintant aux discours d’extrême gauche européenne, précise que : l’Holocauste ne peut plus longtemps être utilisée comme l’excuse au comportement Israël », et qu’à présent, « c’est la femme palestinienne en proie à un traitement abusif attendant à un check point qui crie au monde : Rappelle-toi Auschwitz. »

    Cependant l’attrait du sujet est trop grand, et Ayoun Wa Azan reprend la parole pour en ce jour de commémoration de la Naqba prophétiser à Israël que : « les Etats-Unis ne seront pas toujours là. Les armes et les murs ne préserveront pas toujours Israël, comme ils n’ont pas réussi à protéger la République démocratique Allemande ou l’Afrique du Sud blanche. »

    De façon totalement paradoxale, Mahmoud Abbas s’est quant à lui s’est démis de toute nostalgie ou de considérations prophétiques dans la cassette enregistrée à l’avance pour ce jour de ’Naqba’, fêté en ce qui lui concerne en Russie en compagnie de Vladimir Poutine.

    Celui–ci comme le rapporte l’Orient le jour, a mis en garde le Hamas et Israël contre des décisions trop hâtives.

    Commençant par une énième demande au Hamas « de renoncer à la violence » et sommant Israël : de ne pas prendre de mesures unilatérales susceptibles d’alimenter l’extrémisme, tout cela va pratiquement détruire l’idée d’une solution passant par deux Etats. » (L’Orient le jour)

    Dans une perspective pragmatique, Al Jazzira revient sur la question du droit au retour thème si fréquemment repris dans de multiples manifestations.

    Al Jazzira explicite la décision d’Israël de refuser ce droit en précisant qu’il s’agirait du retour « de quatre millions de réfugiés Palestiniens…dont le retour signifierait un Etat d’Israël à majorité arabe. »

    Et Al Jazzira de souligner loin de l’effervescence des manifestants et de leur grande détermination que « loin de la majorité souhaiterai revenir sue la terre de leurs ancêtres. »

    Sources : L’Orient le jour, Commémorant la « naqba », Abbas lance une double mise en garde au Hamas et à Israël ; la Sana, Imposante marche au Camp Al-Yarmouk à Damas à l’occasion de l’anniversaire de l’usurpation de la Palestine ; Al Jazzira, Palestine marks 'day of catastrophe,' Al Hayat, Ayoun Wa Azan, The anniversary of the Nakba