• De l'anti-américanisme à l'antisionisme

     

    Depuis l’automne 2002, l’antiaméricanisme à la française s’est de plus en plus clairement teinté de judéophobie, à travers une intensification du discours « antisioniste » convenu, certes, mais aussi par la diffusion croissante d’une représentation antijuive bien connue des historiens des années 1930, celle de la « guerre juive ».

    On sait que l’un des premiers usages idéologico-politiques des Protocoles des Sages de Sion, entre 1918 et le début des années 1930, a été de justifier la désignation des Juifs comme responsables de la guerre de 14-18. Dans la seconde moitié des années 1930, le recours au mythe du complot juif mondial, véhiculé par les Protocoles, a permis de dénoncer l’éventuelle guerre des démocraties contre le régime nazi commeune « guerre juive ».

     

     

     

     

     

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    Philosophe et historien des idées, Pierre-André Taguieff est directeur de recherche au CNRS (derniers ouvrages publiés, en 2002: La Nouvelle judéophobie, Paris, Mille et une nuits; L’Illusion populiste, Paris, Berg International). Cet article, est extrait d’un livre qui paraîtra en septembre aux Éditions Fayard/Mille et une nuits.