• Iran/Etats-Unis: LE COMPROMIS

    Iran/Etats-Unis: LE COMPROMIS

     

    La politique de provocation conduite par l'Iran pourrait l'amener à faire un grand pas dans son projet nucléaire, écrit ce matin le quotidien populaire Maariv après les révélations du « Washington Post » selon lesquelles les Etats-Unis n'excluent pas la possibilité que l'Iran puisse enrichir de l'uranium sur son sol sous la surveillance de la communauté internationale.

    Pour l'expert du quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, cette nouvelle mesure, si elle était avérée, constituerait un « motif d'inquiétude ». Selon le journaliste, « il s'agit d'un développement qui aura de fortes répercussions, bien plus que la décision américaine de la semaine dernière d'entamer des contacts directs avec l'Iran. En Israël, souligne-t-il, « on craint que si on autorise l'Iran à enrichir lui-même de l'uranium, il franchira le « point de non-retour », ce moment où les Iraniens sauront résoudre les problèmes techniques et scientifiques auxquels ils font face pour mettre en place le processus de fabrication de carburant nucléaire. Les Iraniens pourront alors présenter aux inspecteurs de l'AIEA des activités nucléaires « pacifiques » sur les sites contrôlés, mais utiliser le savoir acquis sur des sites clandestins où ils fabriqueront la bombe. « Il sera alors très difficile de les arrêter », conclut le journal.

    « Honteuse capitulation ou diplomatie géniale ? », s'interroge pour sa part le quotidien de tendance gauche libérale Haaretz. « Les développements de ces derniers jours peuvent être qualifiés de véritable tournant car il s'agit d'une honteuse capitulation des Etats-Unis et d'une victoire iranienne. Mais l'on peut également voir là l'expression d'une ruse diplomatique de l'Administration américaine, qui opte pour la tactique de la négociation « à la mode iranienne ».
    « Certes », poursuit l'analyste, « en donnant son accord de principe pour que Téhéran puisse, dans un avenir lointain et à une date encore imprécise, enrichir son uranium à des fins civiles et sous contrôle international, Washington a fait machine arrière. Mais si le but recherché est d'empêcher que l'Iran ne puisse accéder à l'arme nucléaire dans les dix ou quinze ans à venir, ou du moins de suspendre ses capacités technologiques, on peut dire que cette proposition est bien plus astucieuse qu'il n'y paraît. L'Iran est pris au piège : s'il rejette l'offre, comme toutes les fois précédentes, il sera alors plus facile aux Etats-Unis et à l'Union européenne de convaincre la Russie et la Chine de passer à la diplomatie coercitive. »