• Juillet 1976 - Juillet 2006 : Entebbe, il y a 30 ans

    Juillet 1976 - Juillet 2006 : Entebbe, il y a 30 ans

     

    Voilà 30 ans, en Juillet 1976, qu’a eu lieu la plus célèbre libération d’otages.

     

    27 Juin 1976 : un avion de ligne d’Air France parti de Tel-Aviv est en vol vers Paris. Il fait une escale à Athènes, où 4 hommes montent à bord, 2 Allemands de la bande à Baader-Meinhof et 2 Palestiniens du FPLP. Ils prennent en otage les 256 passagers et les 12 membres d’équipage et détournent l’avion sur la Libye, où les rejoignent 3 autres terroristes. Ils font le plein et repartent pour l’Ouganda où, avec la complicité d’Idi Amin Dada, dictateur sanguinaire de l’Ouganda, les terroristes font poser l’appareil sur l’aéroport d’Entebbe. Amin Dada envoie ses soldats pour garder l’aéroport.

     

    Les terroristes parquent les otages dans une aile désaffectée de l’aéroport et les séparent, d’un côté les Israéliens et les passagers dont le nom leur semble juif (cyniquement, ce sont les Allemands qui opèrent ce tri, réveillant de pénible souvenir chez les rescapés de la Shoah), de l’autre côté les autres passagers. Le comandant de bord d’Air France, Michel Bacos, décide courageusement de rester avec les otages juifs et israéliens. Les terroristes exigent la libération immédiate de près de 54 terroristes incarcérés dans les prisons d’Israël, de France, d’Allemagne, et de Suisse notamment, plus le paiement par le gouvernement français d’une rançon de 5 millions de dollars au FPLP, puis fixent une date limite au-delà de laquelle tous les otages seront exécutés s’ils n’obtenaient pas satisfaction.

     

    Dans un deuxième temps, pensant que les Israéliens cèderaient au chantage, les terroristes libèrent le premier groupe d’otages, les non Juifs et non Israéliens.

     

    Le Premier ministre israélien- c’était alors Itzhak Rabin- demanda au chef d’Etat- Major de mettre au point une opération commando pour libérer les otages à Entebbe. Alors que les débats faisaient encore rage en Israël au niveau du Gouvernement sur la justesse d’une intervention militaire, le général Mordechaï Gur ordonna le départ, le 3 juillet 1976, veille de l’ultimatum, d’un commando de 35 hommes à bord de quatre avions vers Entebbe.

     

    Les 4 avions transportaient 4 véhicules blindés, deux Land Rover (utilisées en Ouganda), une Mercedes noire comme celles des officiels ougandais, ainsi que des armes silencieuses, du matériel militaire, et un équipement médical complet. L’idée était de prendre les terroristes par surprise. Les avions parcoururent près de 3500 km de Tel-Aviv à Entebbe, volant à très basse altitude pour échapper aux radars soviétiques et égyptiens et avec la complicité du Kénya. Quand le gouvernement israélien finit par donner son feu vert à l’Opération Tonnerre, les 4 avions effectuaient déjà leur descente sur Entebbe en pleine nuit, et sous un orage violent.

     

    Arrivé au sol, le commando passe à l’offensive dûment préparée dans les moindres détails à Tel-Aviv. Trois minutes après l’atterrissage des quatre avions israéliens, 4 des 7 terroristes étaient tués. Deux otages trouvaient la mort dans l’opération. Dix minutes plus tard, tous les otages encore à l’aéroport d’Entebbe furent libérés et les lieux sécurisés. Immédiatement, les 106 otages restants furent embarqués dans un des avions israéliens qui décolla en pleine obscurité. Après avoir tué les autres terroristes, le reste du commando évacua les lieux. 59 minutes après l’atterrissage, le dernier avion israélien décollait d’Entebbe.

     

    Parmi les soldats israéliens, le Lieutenant-Colonel Yonatan Netanyahu périt dans l’opération. Un troisième otage, une vieille dame britannique qui avait été transportée dans un hôpital ougandais, fut exécutée dans son lit d’hôpital, apparemment sur ordre personnel d’Idi Amin Dada en guise de représailles. Elle y avait été transportée bien avant le raid en raison d’un malaise.