• L'alya entre 1952 et 1967

    L'alya entre 1952 et 1967
    Après ce point culminant, l'alya connaît une régression. Dans les années 1952-1954, le nombre des immigrants n'atteint que 51,463 âmes. Mais l'immigration en masse est renouvellée en 1955. Entre 1955 et fin 1957,on compte un total de 162,308 immigrants, venus principalement du Maroc, de Tunisie et de Pologne.
    L'immigration en provenance du Maroc est stimulée par la montée du nationalisme et l'accession à l'indépendance de ce pays. Entre 1955 et 1957, plus de 70,000 juifs marocains montent en Israël. Pour les mêmes raisons, plus de 15,000 juifs originaires de Tunisie arrivent à la même période. La situation politique en Pologne conduit elle aussi à un accroissement considérable de l'alya : 34,426 personnes entre 1955 et 1957. A la suite de la révolution hongroise en 1956, des milliers de juifs réussissent à s'échapper de ce pays en passant en Autriche, où l'Agence Juif en fait monter plus de 8,682 en Israël. Après la campagne du Sinaï la même année, 14,562 juifs égyptiens immigrent à leur tour.

     
    De 1958 à 1960, l'immigration se ralentit à nouveau, totalisant 72,781 personnes. Le groupe le plus important vient de Roumanie (27,500 personnes). Après cette période de régression, l'alya connaît un nouvel essor dans les années 1961-1964, avec un total de 215,056 immigrants. Plus de 80,000 juifs viennent du Maroc, et sensiblement le même nombre, de Roumanie. Entre 1965 et 1967, on assiste à un nouveau déclin.
    On compte 503,770 juifs montés en Israël entre 1952 et la guerre des six jours, en juin1967. L'intégration de l'immigration en masse de 1955-1957 est facilitée par l'expansion économique d'Israël, où la croissance industrielle est alors considérable. D'autre part, la méthode des nouvelles localités est généralisée : les immigrants fondent des villages et des villes de développement (voir : villes et régions de développement).
    Pendant les années 1958-1960, on assiste à un accroissement du nombre des professionels qualifiés parmi les immigrants : médecins, ingénieurs, économistes et enseignants. Pour pouvoir s'occuper de ce type de population, l'Agence Juive crée un réseau de centres d'hébergement dans lesquels on pourra demeurer en famille, dans de petits appartements, pour une période de six mois, tout en étudiant l'hébreu et en cherchant du travail et un logement. Le nombre des oulpanim (écoles pour l'étude de l'hébreu) s'accroît.
    Dans les années 1961-1964, la liquidation des camps de transit (ma'abarah) s'accélère, et l'on trouve un plus grand nombre de solutions de logement permanent dans le pays. Pendant la période 1965-1967, alors que l'alya ralentit à nouveau, l'Agence Juive consacre de grands efforts à trouver des réponses aux exigences des immigrants occidentaux. Cela conduit à la création de centres d'intégration, où sont rassemblés tous les services (logement, service social, vie culturelle) dont ils ont besoin avant de passer dans leur logement permanent.