• L'impact du conflit israélo-palestinien sur l'opinion publique française

    NOS DERNIERS SONDAGES PUBLIES
    L'impact du conflit israélo-palestinien sur l'opinion publique française

    Enquête réalisée pour Libération
    et publiée le Mardi 18 décembre 2001

    Proximité affective
    D’une manière générale, sans penser particulièrement aux derniers événements, avez-vous davantage de sympathie pour les positions des Israéliens ou pour celles des Palestiniens ?
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    Ensemble

    Sympathisants

    Décembre 2001

    Rappel octobre 2000

    Décembre
    2001

    Rappel
    octobre
    2000

    Gauche

    Droite

    Gauche

    Droite

    Pour les positions des Israéliens

    9

    14

    9

    16

    13

    22

    Pour les positions des Palestiniens

    19

    18

    26

    16

    28

    18

    Autant pour les uns que pour les autres

    13

    14

    13

    20

    14

    13

    Ni pour les uns, ni pour les autres

    37

    38

    36

    33

    34

    34

    Ne sait pas

    22

    16

    16

    15

    11

    13

    TOTAL

    100

    100

    100

    100

    100

    100

    <o:p></o:p>

    Responsabilité perçue
    Si un conflit militaire de grande envergure éclate au Proche-Orient, diriez-vous que ce sera avant tout la responsabilité :

     

    Ensemble

    Sympathisants

    Décembre 2001

    Rappel octobre 2000

    Décembre
    2001

    Rappel
    octobre
    2000

    Gauche

    Droite

    Gauche

    Droite

    Des autorités israéliennes

    21

    20

    31

    21

    29

    22

    Des autorités palestiniennes

    11

    14

    11

    21

    13

    23

    Autant des unes que des autres

    27

    27

    27

    28

    30

    30

    Ni des unes, ni des autres

    14

    12

    9

    12

    10

    8

    Ne sait pas

    27

    27

    22

    18

    18

    17

    TOTAL

    100

    100

    100

    100

    100

    100

    <o:p></o:p>

    L’attitude des médias

    Pensez-vous que les médias, c’est à dire la presse écrite, la radio et la télévision, de manière générale, présentent les informations sur le conflit israélo-palestinien...

     

    Ensemble

    Sympathisants

    Décembre 2001

    Rappel octobre 2000

    Décembre
    2001

    Rappel
    octobre
    2000

    Gauche

    Droite

    Gauche

    Droite

    D'une manère objective

    42

    56

    44

    47

    62

    60

    D'une manière trop favorable aux positions israéliennes

    18

    9

    24

    20

    13

    9

    D'une manière trop favorable aux positions palestiniennes

    7

    9

    5

    10

    6

    14

    Ne sait pas

    33

    26

    27

    23

    19

    17

    TOTAL

    100

    100

    100

    100

    100

    100

    <o:p></o:p>

    L’impact sur la France
    Le conflit actuel peut-il selon vous :
    <o:p></o:p>

     

    Décembre 2001

    Rappel octobre 2000

    Oui

    Non

    Ne sait pas

    Oui

    Non

    Ne sait pas

    Réveiller l'antisémitisme en France

    49

    36

    15

    71

    21

    8

    Sympathisants de gauche

    55

    37

    8

    77

    20

    3

    Sympathisants de droite

    50

    43

    7

    76

    19

    5

    Susciter des violences entre juifs et arabes en France

    56

    31

    13

    77

    17

    6

    Sympathisants de gauche

    65

    29

    6

    82

    15

    3

    Sympathisants de droite

    58

    34

    8

    83

    16

    1

    <o:p></o:p>

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     L’analyse

    Où en est l’opinion publique française à l’égard du conflit israélo-paletinien, 15 mois après le déclenchement de la seconde intifada, 9 mois après l’élection d’Ariel Sharon et surtout 3 mois après la destruction du World Trade Center ? Quelles sont les évolutions de la perception des Français par rapport à une précédente étude réalisée par BVA pour Télérama, en octobre 2000, c’est à dire à un moment où des images très brutales avaient déjà été diffusées (meurtre d’un garçonnet palestinien à Netzarim ; lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah, notamment), mais où le degré de violence atteint de part et d’autre était encore moindre ?

    >Une opinion publique généralement peu encline à s'exprimer, mais qui évolue en faveur des Palestiniens

    Tout résultat de sondage est un agrégat statistique de réponses à l’intensité émotionnelle très hétérogène ; cette règle générale est particulièrement avérée lorsqu’est recueillie l’opinion des Français sur un sujet tel que le conflit israélo-palestinien. En effet, seuls un gros quart des Français acceptent d’exprimer une sympathie plus forte pour les positions de l’un ou l’autre des deux camps antagonistes. A l’inverse, la grande majorité déclare spontanément que leur sympathie va aussi bien aux uns qu’aux autres (13%), ou bien ni aux uns, ni aux autres (37%), ou bien encore ne se prononcent pas (22%). Le suivi des interviews montre que cette réticence à se prononcer tient parfois réellement à de l’indifférence ou à la méconnaissance du fond, mais aussi à la crainte de s’engager sur un sujet aussi passionné et où les prises de position sont si aisément stigmatisées. Ces remarques étaient également justifiées lors de l’enquête d’octobre 2000. <o:p></o:p>

    Le plus remarquable est cependant l’évolution de l’opinion publique française en faveur des positions palestiniennes, ou, plus exactement, en défaveur des positions israéliennes. En effet, si la sympathie à l’égard des positions palestiniennes est quasiment stable (19%, soit + 1 point), il en va tout autrement de la sympathie à l’égard des positions israéliennes, en net recul (9%, soit – 5 points). L’écart entre les deux courants de sympathie était il y a 14 mois de + 4 points en faveur des Palestiniens, il est aujourd’hui de + 10 points en leur faveur. <o:p></o:p>

    A cette évolution globale correspond un rééquilibrage de l’opinion des sympathisants de droite (16% de sympathie pour chaque camp, au lieu d’un avantage pour les positions israéliennes en octobre 2000), et une désaffection croissante des sympathisants de gauche à l’égard des positions israéliennes (9%, au lieu de 13%). Il est à noter, même si la faiblesse des effectifs incite à la prudence, que le soutien des sympathisants du FN et du MNR semble aller plutôt vers les positions israéliennes (33%, contre 23%). <o:p></o:p>

    En ce qui concerne les variables socio-démographiques, aujourd’hui comme en octobre 2000, les 18-24 ans sont remarquablement nombreux à exprimer une préférence (46%, au lieu de 28% pour l’ensemble des Français), généralement à l’avantage des Palestiniens (37% contre 9%). Par ailleurs, plus le niveau de diplôme des interviewés est élevé, plus ils tendent à exprimer une préférence marquée pour les positions palestiniennes plutôt que pour les positions israéliennes.<o:p></o:p>

    >Pour les Français, le risque de guerre serait d’abord imputable à la politique israélienne

    Les réponses à cette question accentuent ce qui a été constaté pour la précédente. Là aussi, l’écart s’accroît, mais moins par une amélioration de l’image de la politique des autorités palestiniennes que par une détérioration sensible de celle des autorités israéliennes. Sur cette question également, à droite est observé un rééquilibrage des réponses, et à gauche une accentuation du rejet de la politique israélienne. Les sympathisants socialistes paraissent particulièrement embarrassés, avec 39% de réponses aujourd’hui, au lieu de 46% il y a quatorze mois, tout en confirmant dans les mêmes proportions leur plus grande sévérité à l’égard des autorités israéliennes plutôt que palestiniennes.

    >Des médias plus souvent critiqués, car jugés plus souvent pro-israéliens

    En octobre 2000, la présentation médiatique des informations sur le conflit israélo-palestinien était jugée objective par une majorité absolue des Français (56%) ; ils ne sont plus que 42% à partager cette opinion aujourd’hui. Une autre évolution majeure concerne les réponses de ceux qui estiment que les médias présentent les informations de manière trop favorable aux positions d’un des deux camps : en octobre 2000, les accusations s’équilibraient (9% de chaque côté), mais aujourd’hui, la part de ceux qui accusent les médias de parti pris pro-israélien l’emporte nettement sur ceux qui leur reprochent un parti pris pro-palestinien (18% contre 7%). Même parmi ceux qui expriment par ailleurs plutôt une proximité pour les positions israéliennes en général, une majorité très relative considèrent que la position des médias est trop favorables aux positions israéliennes (21% contre 19%).

    >Une crainte réelle, mais en net recul, pour les conséquences du conflit en France

    Pour une majorité relative des Français, il existe un risque lié au conflit israélo-palestinien d’un réveil de l’antisémitisme en France (49% contre 36% qui ne le croient pas) et de violences entres juifs et arabes dans l’hexagone (56% contre 31%). Dans ces deux cas, les jeunes, les femmes et les sympathisants de gauche manifestent le plus d’inquiétude. Dans les deux cas aussi, ces craintes sont partagées aussi bien par ceux qui expriment une préférence pour les positions palestiniennes que par ceux qui privilégient les positions israéliennes. <o:p></o:p>

    Le fait majeur demeure pourtant, à rebours de nombreux commentaires, que cette crainte est beaucoup moins forte aujourd’hui qu’en octobre 2000 : de 71% à 49% pour le réveil éventuel de l’antisémitisme, de 77% à 56% pour les violences possibles entre juifs et arabes. Il faut noter que l’enquête précédente avait été menée au moment où de nombreux actes malveillants venaient de toucher des lieux de culte juifs.<o:p></o:p>

    Au final, l’étude menée par BVA pour Libération établit les points suivants :<o:p></o:p>

    1/ Malgré l’impact du 11 septembre et la rhétorique anti-terroriste qui l’a suivi, l’opinion publique française se détourne encore davantage des positions israéliennes.<o:p></o:p>

    2/ Un conflit de grande envergure qui se déclencherait au Proche-Orient serait plutôt imputée à la politique israélienne qu’à la politique palestinienne.<o:p></o:p>

    3/ Les médias sont moins nettement perçus comme objectifs qu’en octobre 2000, une proportion grandissante de l’opinion leur reprochant une présentation de l’information jugée trop favorable aux positions israéliennes.<o:p></o:p>

    4/ Les risques de réveil de l’antisémitisme ou de violences entre juifs et arabes en France sont perçus comme possibles par une majorité des Français, mais de manière moins prononcée qu’au début de la seconde intifada.<o:p></o:p>

    Jérôme Sainte-Marie
    Directeur des Etudes Politiques

    Enquête réalisée par l’Institut BVA auprès d'un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 965 personnes ont été interrogées du 14 au 15 décembre 2001 par téléphone. Echantillonnage par la méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, région et catégorie d’agglomération.

     <o:p></o:p>

     Source: http://paris1.mfa.gov.il/mfm/Data/35559.htm<o:p></o:p>