• "La corruption d’Arafat" par Rachel Ehrenfeld

    La corruption d’Arafat

    par Rachel Ehrenfeld, Jerusalem Post, le 27 juin 2001


    Yasser Arafat, cela ne fait pas de doute, détient les clés des coffres qui contiennent les capitaux sur lesquels vivent l’Autorité palestinienne et lui-même. Pendant que le directeur de la CIA, George Tenet, négociait avec lui, les dollars du contribuable américain continuaient à parvenir à ses coffres personnels ; c’est  à raison de 75 millions de dollars par an au moins depuis 1994 que le flux se poursuit, selon un rapport présenté au Congrès (par le Service de Recherche du Congrès) le 17 avril 2001.

    C’est systématiquement qu’Arafat, de nombreux exemples l’ont prouvé, s’est servi dans cet argent, comme d’ailleurs dans celui qui lui a été versé et qui était destiné aux réfugiés des camps. Il est surprenant de voir, malgré cela, qu’il jouit encore de la confiance, de la reconnaissance et même de la sympathie de la plupart des dirigeants du monde.

    Sa richesse personnelle et celle de ses proches n’est cependant pas passée inaperçue du peuple palestinien. Les écarts grandissants et très visibles dans les territoires contrôlés par Arafat, dont les signes les plus ostentatoires sont les rangées de villas et les Mercedes-Benz du modèle le plus récent appartenant à ses acolytes, face à la pauvreté affligeante de la plus grande partie des Palestiniens menacent aujourd’hui son régime. En déclenchant la dernière Intifada, Arafat a pu utiliser la situation économique dans les territoires, pour faire valoir les "sacrifices" que faisait son peuple dans sa mobilisation contre « l’ennemi sioniste ». Il a ainsi réussi à détourner l’attention de la corruption latente au sommet de la hiérarchie de l’Autorité palestinienne. En outre, pour mieux cacher ses méfaits, Arafat n’a pas hésité à ordonner l’enlèvement de Jawar al-Rusien, l’ancien trésorier de confiance de l’OLP. Le 20 avril, al-Rusien a été kidnappé par des hommes armés de son domicile d’Abou Dhabi dans les Emirats Arabes Unis, puis amené, menottes aux poings, dans l’avion personnel d’Arafat à Gaza. Ce n’est que récemment que les aides d’Arafat ont reconnu qu’ils le retenaient, alors que l’on avait perdu sa trace depuis des mois, car "il n’a pas remboursé ses dettes," selon une information publiée par le quotidien Yediot Aharonot.

    Bien avant les accords d’Oslo en 1990, la CIA évaluait la fortune de l’Autorité palestinienne entre 8 et  14 milliards de dollars en biens, provenant officiellement d’une taxe de 5 pour cent applicable à tous les Palestiniens employés dans les pays arabes. Toutefois, selon un rapport du British National Criminal Intelligence Service (NCIS) de 1993, publié la veille de la fameuse      "poignée de mains" devant la Maison Blanche, la grande partie des fonds de l’OLP provenait de "dons, d’extorsion, de pots de vin, de trafic d’armes, de trafic de drogue, de blanchiment d’argent, de délits, etc." Mais,  une autre enquête menée par la General Accounting Office (GAO) en novembre 1995 a été tenue secrète à la demande de la CIA pour des raisons décrétées de "sécurité nationale." Ce n’est que maintenant que le Sénat américain tente d’en faire publier les résultats.

    Un autre rapport encore, celui-là du Daily Telegraph du 6 décembre 1999, a révélé que des hackers avaient réussi à pénétrer le réseau informatique de l’OLP. Le journal répertoriait une liste de biens d’une valeur de 50 milliards de dollars pour l’année 2000 ( 32 milliards pour 1998.) Tout ceci, on le sait, n’empêche pas Arafat et les dirigeants de l’OLP de continuer à crier famine.

    La corruption d’Arafat se caractérise par une suite de délits. De plus, l’Autorité palestinienne a reconnu que l’Intifada actuelle a été instiguée et planifiée par Arafat après l’échec du sommet de Camp David.

    Mais, maintenant, nous avons à notre disposition les instruments légaux nous permettant d’éclaircir la situation. Aux Etats-Unis, R. Richard Newcomb haut fonctionnaire aux Finances a expliqué au Sénat, plus exactement devant la sous-commission des Appropriations, le 10 mai, que l’Agence chargée du contrôle des biens étrangers, du ministère des Finances pouvait interdire ou réglementer les transactions commerciales et financières concernant certains pays étrangers, groupes ou individus ayant été impliqués dans des actes de terrorisme, du trafic de drogue ou du blanchiment d’argent. Et puisque la FTAF dont le siège est à Paris a menacé Israël de sanctions s’il ne s’employait pas à faire appliquer la loi contre le blanchiment d’argent dans son intégralité, Israël n’a qu’à faire accuser Arafat comme preuve de sa bonne volonté.

    (L’auteur est directeur du Centre de recherche sur la corruption et l’exercice de la loi, à  New-York.)