• La Deuxième Intifada Sept 00 - Mai 04

    La Deuxième Intifada

    La deuxième Intifada, également connue sous le nom d’Intifada Al-Aqsa, éclata le 28 septembre 2000, en réaction à la visite d’Ariel Sharon, alors chef de l’opposition Likoud, sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette visite, approuvée par le gouvernement d’Ehoud Barak, qui ne bénéficiait plus d’une majorité à la Knesset, provoqua une explosion de colère parmi les Palestiniens. Le lendemain, les premiers heurts éclatèrent, sans aucune directive centrale. L'Intifada se militarisa à partir du début novembre 2000.

    A la différence de la première Intifada, le nouveau soulèvement est dominé par des actions armées contre l’armée israélienne, les colons et les Israéliens vivant à l'intérieur de la "Ligne Verte" (frontière entre l'Israël et les Territoire Palestiniens avant 1967). Cette fois, des affrontements limités et violents éclatent aux limites des zones palestiniennes autonomes, aux abords des colonies juives, et aux postes de contrôle de l’armée. Alors que la première Intifada était caractérisée par une mobilisation civile de masse, l’Intifada actuelle est une insurrection qui repose sur la participation d’une minorité.

    Dès le départ, le Fatah prit la tête du soulèvement, et un haut comité national et islamique fut créé pour coordonner l’activité de tous les groupes. Cependant, aujourd’hui, le parti d’Arafat ne contrôle plus entièrement la révolte (ou ne veut plus la controler), de plus en plus caractérisée par des opérations menées par le Hamas et le Jihad Islamique.

    Si le gouvernement d’Ehoud Barak avait déjà mis en œuvre d’énormes moyens contre l’Intifada, l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon en février 2001 intensifia considérablement la répression. Celui-ci  généralisa la politique de « liquidation » des activistes palestiniens, notamment par de nombreuse attaques ciblées extrajudiciaires, et multiplia incursions et raids en zones autonomes palestiniennes. Les militants palestiniens du Hamas, du Jihad Islamique et des Brigades al-Aqsa (proches du Fatah), de leur côté, lancèrent des opérations kamikazes à travers les villes israéliennes, la plupart du temps dans des bus ou restaurants.

    Les Etats-Unis, à la tête des efforts internationaux visant à calmer les violences, chargèrent l’envoyé George Mitchell de remettre un rapport d’enquête sur le soulèvement, alors que le directeur de la CIA George Tenet tenta de négocier un cessez-le feu. Aucune des initiatives ne déboucha sur un arrêt des affrontements.

    L’offensive massive du printemps 2002, nommée opération Rempart et ripostant à la vague d’attentats suicides qui fit de nombreux morts au début de l’année, prit comme cible principale toutes les structures de l’Autorité Nationale Palestinienne et son chef Yasser Arafat. Sharon avait décidé de rendre le leader palestinien « insignifiant ».

    La « Feuille de Route » pour la paix présentée par le « Quartette » (Etats-Unis, Russie, Union européenne et Nations-Unies) le 30 avril 2003 et qui prône la solution des deux états indépendants, est l’initiative officielle la plus récente visant à mettre fin au conflit. Arafat et Sharon se sont tous deux engagés à mettre en œuvre le plan de paix, mais jusqu’ici l’impasse politique se poursuit, et les perspectives de paix semblent chaque jour plus éloignées.

    Le nombre de morts depuis le début de la deuxième Intifada s’élevait à 4.046 en mai 2004, dont 3.057 Palestiniens et 918 Israéliens. Après quatre ans d'Intifada, un fossé profond s'est creusé entre les deux populations, qui rendra difficile le retour à la paix. 


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